Michel Alexis navigue régulièrement entre les Yvelines et New-York.

Cet artiste peintre base son travail sur la tentative de créer de la poésie visuelle sur la toile. Il utilise des signes, des symboles, des tâches, de la sculpture, de l’effacement et de l’alphabets imaginaires.

« La structure de base de mes peintures me vient d ‘un rituel d’ enfance. Seul, allongé, je regarde longuement le plafond de ma chambre, un carré blanc ou un orné d’une frise. Sans effort, je réconciliais les éléments antagonistes de ce décor baroque et minimal pour faire surgir les formes nouvelles, énigmatiques, suspensions entre le néant et le temps de la vie. » dit’il.
Il utilise des glyphes, cette représentation graphique de signes typographiques gravés en creux, pour créer un alphabet imaginaire. Alors qu’Alexis adapte l’acte physique d’écrire, il crée son propre vocabulaire visuel. À la surface de la toile, régie comme un cahier géant, il construit de fines couches de gesso, de peinture et de papier. Ensuite, il trace des signes imaginaires avec un outil de gravure qui coupe les couches. Après cela, il couvrira la surface sèche et brûlée avec des vernis à l’huile qui en enfouiront ou en souligneront des parties.
Le résultat devient une sorte de peinture en suspension, sans référence historique, sans passé, présent ou avenir, et pourtant qui existe dans le temps, ou bien à l’intérieur du temps, comme une forme de méditation. L’art de Michel Alexis vagabonde en pesant l’expérience de la folie avec lucidité. Pas question dans un tel capharnaüm d’ordonner. Tout tangue entre calligraphie et figuration. Une absence prend corps sans qu’elle se réduise à une évanescence. Les formes créent dans leurs tracés une sensualité évidente.